25.01.2007

Ghislaine Salmat candidate PS aux législatives dans le 16ème nord et Bruno Levy-Rueff, son suppléant, répondent aux questions de Paris16info

medium_Ghislaine_Salmat.2.jpgOn ne trouve pas des enfants de Don Quichotte que sur les bords du canal Saint-Martin. A leur façon, Ghislaine Salmat, économiste de formation et cadre supérieur dans les études de marché, et Bruno Levy-Rueff, Centralien et chef de projet dans une SSII, sont eux aussi des combattants de l’impossible. Ayant grandi tous deux dans l’arrondissement, ils relèvent, par conviction, le défi d’un engagement socialiste dans une circonscription très ancrée à droite. Ils sont respectivement candidate et suppléant aux législatives dans le 16ème nord.

 

P16i : Madame Salmat, Monsieur Levy-Rueff, pourriez-vous nous dire en quelques mots comment et pourquoi vous avez adhéré au PS et comment avez-vous été désignés candidats à ces législatives ?

Ghislaine Salmat : Ma prise de conscience politique remonte à Janson de Sailly, où lors des élections présidentielles de 1981, je me passionnais pour le débat politique. C’est le 21 avril 2002, où ⅓ des français se sont abstenus et ⅓ ont voté pour les extrêmes, que j’ai réalisé l’importance de ne plus être simplement citoyenne, mais d’agir comme militante. La politique ne devait plus être laissée aux seuls professionnels ou héritiers de la politique. Quatre ans après, à la suite d’un travail important aux niveaux local comme national, j’ai été désignée par les militants du 16ème pour les représenter dans ces législatives.

Bruno Levy-Rueff : Rien ne me prédisposait, de par mon environnement familial, ni mes études à Janson de Sailly, à adhérer au parti socialiste. Mais pendant mes études à Centrale Paris, membre d’Ingénieurs Sans Frontières, j’ai fait un voyage de 2 mois en Afrique. J’ai ouvert les yeux sur les inégalités dans le monde. Et contrairement à ce que dit la droite, il est normal que certains africains désirent venir en France. Il me paraît indispensable que la France les accueille dignement, suivant nos capacités, à les intégrer efficacement pour eux comme pour nous. En 1995, j’ai voté pour Jospin et en 1999, je franchissais le pas en adhérant au PS. J’ai déjà été candidat aux municipales de 2001 et suppléant de Madame Khiari aux législatives de 2004.

P16i : N’est-il pas un peu décourageant d’être militant et candidat socialiste dans un arrondissement très majoritairement à droite ?

G. S. : C’est en effet un réel défi de militer pour le PS dans le 16ème, surtout en ce moment avec les Présidentielles et ma propre campagne. Mais je suis convaincue que le travail de terrain, ici comme ailleurs, est nécessaire. Chaque voix compte, en particulier dans les grandes élections nationales. D’autre part, sans être élue, je m’investis dans le débat interne à mon parti, comme membre de la commission PME/PMI. J’ai ainsi pu proposer l’idée d’une « carte vitale de la formation continue » qui a été reprise dans le projet présidentiel du PS.

B. L-R. : Vu la sociologie de l’arrondissement, il est clair qu’il nous est plus difficile de convaincre. Je crois qu’il est plus important de s’engager dans un arrondissement où les élus de droite ne prennent même pas la peine de dissimuler leurs véritables intentions.

P16i : Vous êtes entrés en campagne depuis décembre dernier, pouvez-vous nous donner une idée des principaux thèmes que vous allez défendre jusqu’aux législatives ?

G. S. : Nous menons campagne à la fois dans l’optique des présidentielles et des législatives ; et il est clair que les résultats de la première élection influeront sur la seconde. Mais nous avons voulu démarrer par une campagne citoyenne d’inscription sur les listes électorales. Et je suis très heureuse du nombre de nouvelles inscriptions dans le 16ème (6916 dans le Nord et 7794 dans le Sud). Cela m’a permis aussi de rencontrer, comme candidate, les habitants de la circonscription.

Deux sujets me tiennent à cœur : la situation de la France sur le plan économique et social, et la sensibilisation les habitants à l’indispensable besoin de solidarité dans notre société. Les deux ont comme point commun : Où allons-nous ? Dans quelle société souhaitons-nous vivre ?

▪ Sur le plan économique, la mondialisation, telle qu’elle existe actuellement, pose un réel problème : multiplication des délocalisations, désindustrialisation du pays avec pour les travailleurs une pression vers toujours plus de flexibilité pour répondre à la concurrence, y compris au sein de l’Europe. Le travail est devenu la variable d’ajustement. La financiarisation de l’économie implique des décisions de court terme, prises dans l’intérêt des actionnaires, parfois au détriment d’une stratégie industrielle de plus long terme. Dans ce contexte, une mesure comme le changement de l’assiette dans le calcul des charges sociales peut être un bon outil. Si les cotisations sociales étaient calculées sur la valeur ajoutée, et non plus les salaires, les produits importés, en provenance de Chine par exemple, contribueraient également à financer notre protection sociale. Mais surtout, cela permettrait en augmentant l’assiette totale de diminuer les charges sociales de chacune des entreprises, de réduire l’écart de concurrence entre les productions nationales et étrangères tout en augmentant les salaires. Je soutiens l’idée d’une revalorisation importante du SMIC, avec un objectif de 1500 euros au cours de la législature, ainsi que sa revalorisation importante et immédiate après l’élection présidentielle. Pour faire de la croissance il faut d’abord de la demande et de la confiance.

▪ Il est urgent de mesurer la nécessité d’une solidarité nationale, notamment dans cet arrondissement aisé, si nous voulons éviter une explosion sociale. Je constate, comme beaucoup, que la société est de moins en moins solidaire, qu’il y a de plus en plus de repli sur soi, sur la famille ou la communauté. La montée des extrêmes, l’embrasement des banlieues sont le signe d’une exaspération sociale grandissante. Ce n’est pas en précarisant encore la société que l’on apaisera la situation. Même ceux qui vivent dans cet arrondissement, peuvent connaître une situation difficile. Si certains jouissent encore d’une sécurité, ils ne doivent pas fermer les yeux. Je fais confiance à l’intelligence des habitants du 16ème pour le comprendre.

 

Propos recueillis, jeudi 18 janvier 2006, par Antoine Dufour pour Paris16info

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06.10.2006

Le logement en question, à Paris et dans le 16ème

L'annonce d'une réorganisation de la RIVP et de la SAGI suscite bien des questions dans tout Paris, y compris dans notre arrondissement. Des sujets plus locaux, mais tout aussi polémiques, agitent le 16ème, comme la construction de logements sociaux Porte d’Auteuil ou encore le projet de construction sur le terrain des Petites Sœurs des pauvres de la rue de Varize par le célèbre architecte Christian de Porzamparc.

Autant de raison pour solliciter une interview de Jean-Yves MANO, élu du 16ème et adjoint au Maire de Paris en charge du logement donc de ces questions. Celui-ci ayant aimablement accepté de répondre aux questions de Paris16info, le 19 octobre prochain, vous pouvez vous aussi participer à l’interview en envoyant vos questions par mail à la rédaction de Parsi16info ou en laissant un commentaire sur cette note.


 

par Antoine

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31.05.2006

Pierre-Christian Taittinger, Maire du 16ème répond aux questions de Paris16info

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Ancien Ministre puis candidat à la mairie de Paris, Pierre-Christian Taittinger, maire du 16ème arrondissement depuis 1989 a bien voulu recevoir Paris16info pour répondre à quelques-unes de nos questions.

 

P16i : Monsieur le maire, vous vous êtes souvent prononcé pour un élargissement des compétences des Maires d’arrondissement par rapport au Maire de Paris. Pourriez-vous nous expliquer votre point de vue ?

Pierre-Christian Taittinger : Le rôle actuel du Maire d’arrondissement est complètement inadapté, c’est un enjeu majeur et je ferai campagne sur ce thème aux prochaines municipales. Je pense que le Maire d’arrondissement devrait avoir plus de pouvoir en ce qui concerne la gestion des affaires courantes, et bien sûr le contrôle des budgets correspondant. Aujourd’hui, je ne peux même pas intervenir quand il s’agit de changer une ampoule dans une école de l’arrondissement, la décision doit émaner de la Mairie de Paris. Par ailleurs, il faut instaurer un contrat moyens-objectifs, afin que le Maire de Paris s’engage sur la politique qu’il va mener. Je vous donne un exemple concret, si le Maire de Paris promet de créer 6000 places de crèche, le Maire du 16ème saurait, dès le début, qu’il y en aura 400 ou 450 dans son arrondissement, ce qui lui permettrait de participer, à son niveau, à la réalisation de cet objectif.

P16i : Ressentez-vous un déficit d’investissement entre l’Est et l’Ouest de Paris ? En tant que Maire d’arrondissement d’opposition, êtes-vous entendu de la Mairie de Paris ?

P-C. T. : C’est vrai que nous avons moins d’investissements sur notre arrondissement qu’à l’Est de Paris. Je ne pense pas que ce soit par choix idéologique, j’avais les mêmes difficultés à me faire entendre sous Jacques Chirac ou Jean Tibéri que maintenant avec Bertrand Delanoë. Nous souffrons d’un préjugé sur l’image de l’arrondissement tel qu’il était il y a 100 ans, pourtant depuis les choses ont évoluées. Nous avons de très bons lycées, savez-vous que c’est 1935, quelques mois avant le Front Populaire, que furent créés les lycées Jean de La Fontaine et Claude Bernard. Aujourd'hui, il est impossible d’espérer, de la part de l’Etat et de la Région, un investissement aussi important dans l’arrondissement.

P16i : Est-ce à cause de la réputation d’arrondissement riche, qu’aucun investissement n’est consacré à la restauration de la piscine Molitor depuis 20 ans ?

P-C. T. : Je ne pense pas que l’on puisse la restaurer, elle est morte. Il faut la reconstruire car elle est tout à fait essentielle pour beaucoup d’habitants de notre arrondissement et pour les lycées situés à proximité. Ce désintérêt pour l’exceptionnel patrimoine du 16ème ne se limite pas à la piscine Molitor, prenez par exemple le Bois de Boulogne qui a été réalisé en 3 ans par Napoléon III, Haussmann et Alphand, qui a beaucoup souffert de la tempête de 1999 avec la perte de 75000 arbres et dans lequel on ne replante que 8000 arbres par an.

P16i : Parlons des transports. Certains secteurs sont mal desservis, le prolongement du tramway fait débat. Quelle est votre position sur la politique de transport dans le 16ème dans les années à venir ?

P-C. T. : Il faut accepter la souplesse et la diversité des modes de transport. J’ai été satisfait de lire dans l’interview de Jean-Yves Mano qu’il était favorable à mon idée de lignes de bus supplémentaires. Je pense que la création de nouvelles lignes d’autobus qui assureraient la desserte de l’arrondissement à l’intérieur du 16ème et vers les 15ème et 17ème permettrait de réduire considérablement la circulation automobile. Des bus propres, à gaz de 30 à 40 places, qui n’a pas l’inconvénient du bus électrique qui doit loger de volumineux accumulateurs. Par ailleurs, il faudrait automatiser les métros et surtout repenser l’intervalle entre les métros en fonction des heures de pointe. Il faut aussi apporter un plus grand soin à l’accessibilité de ces transports pour les mamans avec poussette et les personnes âgées ou handicapées.

P16i : Alors qu’on observe une forte tendance au renforcement de la démocratie participative, notre arrondissement a la particularité d’être l’un des rares à ne pas permettre aux citoyens de s’exprimer lors des Conseils de Quartier. Le regrettez-vous ?

P-C. T. : Je n’ai pas le sentiment que les Conseils de Quartier soient la seule réponse au renforcement de la Démocratie. Je suis très près des habitants du 16ème, j’assiste à une centaine de réunions par an dans l’arrondissement. L’important c’est l’information et la consultation des habitants. Au Conseil de Paris, le public ne peut prendre la parole. Face à près de 90 000 électeurs et électrices, il faut développer les moyens d’information et d’échange par le biais d’une radio locale spécifique au 16ème.

P16i : Monsieur le Maire, je crois comprendre que vous serez candidat aux prochaines élections municipales, comment vous positionnez-vous par rapport aux primaires qui ont eu lieu dans votre parti, l’UMP et croyez-vous que des primaires locales puissent être envisageables ?

P-C. T. : Je serai bien sûr candidat. En ce qui concerne les primaires, je ne suis pas convaincu de leur efficacité et j’aurais été beaucoup plus favorable à des primaires élargies sur le modèle italien. Vous aurez noté que Nicolas Sarkozy a repoussé l’idée de primaires à Lyon, Marseille et Bordeaux. Le principal investissement de campagne que je fais 3 mois avant, c’est de m’assurer du soutien de la population par sondage. Je crois en la vertu de la proximité et lors d’une élection municipale, l’étiquette du candidat est indifférente.

 

Propos recueillis, mardi 17 mai 2006, par Antoine Dufour pour Paris16info

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28.05.2006

Prochaine interview de Paris16info

Après Bernard Debré, Jean-Yves Mano et Claude Goasguen, une autre personnalité politique de notre arrondissement, et non des moindres, a accepté de répondre aux questions de Paris16info. Quelques jours de suspense encore et vous découvrirez mercredi de qui il s'agit.

 

par Antoine

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14.02.2006

Claude Goasguen, Député du 16ème Sud, candidat aux primaires UMP, répond aux questions de Paris16info

medium_cg_pull.jpgAncien Ministre, Président du groupe UMP au Conseil de Paris depuis 2001, député du 16ème sud, Universitaire et enseignant à HEC, Claude Goasguen est, depuis qu’il est candidat aux primaires de son parti pour les municipales 2008, sous les feux de la rampe.

 

P16i : Je suppose que toute votre attention actuelle se porte sur les primaires qui auront lieu dans quelques semaines et qui devraient désigner le candidat UMP à la Mairie de Paris. Vous êtes en campagne depuis plusieurs mois, êtes-vous confiant ?

Claude Goasguen : Je suis sûr de faire un bon score et j’exclus toute alliance entre les deux tours. Cette campagne m’a permis de conforter les idées que j’expose dans mon livre*. Je ne cherche pas forcément à apporter des solutions, mais engager une réflexion sur le Paris des 25 prochaines années. Dans le contexte de mondialisation, les villes se transforment et Paris doit s’adapter si elle ne veut pas être dépassée. Ce que je croyais absurde concernant la politique de Delanoë ne l’est pas si l’on veut faire de Paris une ville comme Vienne. Je voudrais faire de Paris une ville de 1ère division comme Londres aujourd’hui et Berlin dans quelques années.

P16i : Vous êtes opposé à ce que Paris devienne une ville-musée. Est-ce à dire que vous reviendriez sur des évènements tels que Paris-Plage ou les Nuits Blanches ?

C. G. : La droite parisienne a commis une grave erreur en critiquant ces opérations. Je crois que Paris est une ville qui isole et tous les moyens créant de lien social sont bons. D’ailleurs Paris-Plage attire des touristes et fait parler de Paris à l’étranger. En parcourant les arrondissements, et particulièrement ceux du Nord et de l’Est où je suis persuadé que se déroulera la bataille pour Paris, je me suis rendu compte que bien que très à gauche, l’actuelle politique de Delanoë ne satisfait qu’une partie de son électorat. Si la gauche « bo-bo » continuera quoi qu’il arrive à le soutenir, la gauche populaire est déçue car il n’a pas créé d’emploi, pas assez de logements sociaux ou en accession à la propriété, qu’il n’a rien entrepris pour lutter contre l’insécurité, et qu’il a paralysé la circulation.

P16i : Concernant le développement économique, que préconisez-vous ?

C. G. : Trois secteurs peuvent être davantage développés : l’enseignement et la recherche avec la création d’un grand pôle universitaire ultra-moderne (par exemple sur le site des Batignolles), l’économie touristique, et, troisième secteur essentiel - notamment dans le 16ème - l’aide à la personne et aux services : pas uniquement pour les personnes âgées ou handicapées, mais aussi en soutien des familles monoparentales ou des femmes qui travaillent. Mais cela ne suffit pas, encore faut-il avoir une capitale moderne et dynamique, tournée vers les autres. C’est-à-dire aller chercher des investisseurs étrangers, mais aussi entreprendre des partenariats avec les communes de l’agglomération parisienne en forte croissance et je ne parle pas uniquement de l’Ouest avec La Défense, mais également du Nord avec La Plaine Saint-Denis.

P16i : Dans quelle mesure la politique actuelle freine le développement économique ? Si vous étiez Maire de Paris quelles seraient vos premières actions ?

C. G. : Relancer l’intercommunalité en renforçant les liens Paris-banlieue avec la couverture du périphérique et en accélérant le processus. Et surtout revenir sur la politique des transports qui est absurde. A l’époque de Tiberi, j’étais déjà hostile au tramway d’autant plus que des PC électriques peuvent parcourir plus de 300km sans rechargement. Je veux arrêter le tramway, jamais il n’ira dans le 16ème. Ça a coûté 750 millions d’euros, et dans 10 ans on enlèvera les rails. Je suis également farouchement opposé au mobilien. Même si ça a coûté 500 millions d’euros, je crois que les parisiens souhaitent que l’on détruise les murets des couloirs protégés alors que l’on pouvait simplement colorer la chaussée comme cela se fait dans d’autres capitales européennes. En bloquant la circulation, Delanoë augmente la pollution.

P16i : Vous avez certainement concernant votre circonscription, le 16ème sud, des motifs de mécontentement, quels sont-ils ?

C. G. : Delanoë n’a pas tenu ses engagements concernant la rénovation de la piscine Molitor. On connaît ma position sur le Parc des Princes, je ne comprends pas pourquoi le PSG ne s’installe pas au Stade de France, je suis excédé par les débordements des supporters de ce club et j’ai d’ailleurs proposé une détaxation du foncier pour les riverains qui subissent d’importantes nuisances. Je ne vois pourquoi développer Jean Bouin, même si les supporters du Stade de France sont plus mesurés, alors que l’on a Charlety. De même que mon opposition est totale à tout projet d’extension de Roland Garros. Sans les Jeux Olympiques, tous ces projets n’ont plus de fondements, tout comme l’extension du tramway.

P16i : Plusieurs articles de presse, dont celui paru dans le JDD du 5 février, faisaient état d’un différent entre vous et Bernard Debré, député du 16ème nord et également candidat à la Mairie de Paris [NDLR : voir notre interview]. Avez-vous un commentaire à faire ?

C. G. : Je trouve qu’il a tort de m’attaquer. Notre véritable adversaire c’est Bertrand Delanoë. Il se montre condescendant avec nous [NDLR : les candidats aux primaires] surtout qu’à Amboise, il n’a pas réussi à être réélu. Je ne le connais pas. Il n’a jamais souhaité me rencontrer alors que nous sommes tous les deux députés du 16ème arrondissement.

P16i : Pour conclure, vous êtes un des rares élus parisien à tenir un blog, pourquoi avoir fait ce choix ?

C. G. : C’est une expérience très enrichissante. Certes, on s’expose beaucoup mais je suis sûr que les blogs vont changer la façon de faire de la politique. Je débute et je découvre chaque jour de nouvelles applications et je suis ravi de pouvoir engager ou susciter le dialogue entre les personnes qui visitent mon blog.

 

Propos recueillis, jeudi 9 février 2006, par Antoine Dufour pour Paris16info.

 

+ pour info, le livre* de Claude Goasguen, Allô Paris bobo aux éditions Ramsay, en vente notament à la librairie Murat, 122 boulevard Murat et dans toutes les bonnes librairies.

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18.01.2006

Jean-Yves Mano, Adjoint au Maire de Paris et Conseiller de Paris répond aux questions de Paris16info

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Elu du 16ème arrondissement depuis 1995, Conseiller de Paris, adjoint au Maire de Paris en charge du Logement, Jean-Yves Mano a bien voulu répondre aux questions de Paris16info lors d’une rencontre à son bureau de l’Hôtel de Ville. Dans un arrondissement très majoritairement à droite, cet élu de terrain incarne une opposition ferme mais constructive, prenant en considération le contexte local.

 

P16i : Monsieur Mano, n’est-il pas paradoxal qu’élu du 16ème arrondissement qui compte moins de 2,5% de logements sociaux, vous soyez en charge du logement à la Mairie de Paris ?

Jean-Yves Mano : Le logement, ça n’est pas uniquement le logement social. C’est également effectivement un symbole puisque j’ai fait campagne en 2001 sur le thème de la répartition des logements sociaux. Rien que parmi les habitants du 16ème, le nombre de demandeurs est de 3300. Sous la précédente mandature, ceux-ci se voyaient proposer un logement en banlieue ou à l’est de la capitale. Dans le cadre de la politique d’attribution que nous avons mis en place pour les logements du contingent du Maire de Paris, je m’emploie à faire bénéficier prioritairement les habitants du 16ème des logements situés dans cet arrondissement.

P16i : Sachant qu’il y a peu de logements sociaux dans le 16ème, votre marge de manœuvre doit être assez réduite. Avez-vous augmenté le parc de logements disponibles ?

J-Y. M. : Nous avons augmenté le nombre de logements disponibles dans le 16ème de 500. Il est vrai, essentiellement des rachats, mais aussi quelques programmes neufs dans le quartier d’Auteuil rue Erlanger et aux Thermes de Passy, et même une réhabilitation avenue Pierre Ier de Serbie.

P16i : Compte tenu de la pénurie de zones constructibles dans notre arrondissement, je suppose que vous accueillez favorablement le projet de lotissement des terrains RFF de la porte d’Auteuil. Comme certains élus de votre majorité, seriez-vous partisan d’augmenter la part des logements sociaux à construire sur ces terrains ?

J-Y. M. : Dans le respect des règles du PLU, le terrain sera loti. La règle actuelle, à laquelle vous faites sans doute référence, des 25% de logements à caractère social pour 1000m² construits est une règle que je connais fort bien pour l’avoir moi-même instaurée, mais qui ne me semble pas adaptée dans le cas présent. En effet, sur ce site, je souhaite que 50% soit réservé aux logements sociaux, sans compter la construction d’équipements qui m’apparaissent nécessaires : une crèche et une bibliothèque municipale.

P16i : Quel impact urbanistique ce lotissement aura-t-il pour l’environnement immédiat de la porte d’Auteuil ?

J-Y. M. : Nous avons mandaté un architecte pour établir un schéma d’urbanisme en partenariat avec RFF. Le 1er septembre 2006, nous espérons avoir un retour d’appel d’offre en fonction du cahier des charges défini. En tout état de cause, nous conserverons le bâtiment de la Gare d’Auteuil qui est un point de vente important. Les futurs bâtiments seront bien sûr plus élevés du côté du boulevard Suchet que du boulevard Montmorency. Sur l’ancien tracé de la Petite Ceinture, non constructible, une promenade verte jusqu’à La Muette devrait être aménagée et ouverte courant 2006.

P16i : Concernant la Maison des Goncourt boulevard Montmorency, quel est le projet de la Ville de Paris ?

J-Y. M. : La Maison des Goncourt est en cours de rénovation. Je sais que son aspect extérieur n’est pas très agréable, pour des raisons techniques, nous sommes obligés d’attendre les beaux jours pour la restauration des façades qui sont en plâtre. C’est un projet qui me tient particulièrement à cœur, d’ailleurs il a été intégralement financé sur le budget de la Direction du Logement et de l’Habitat. L’affectation des lieux est en cours de négociation avec différents partenaires.

P16i : Vous n’êtes pas en charge des transports, mais en tant qu’élu du 16ème arrondissement, vous avez sans doute une opinion sur la question des transports. Voudriez-vous vous exprimer sur ce sujet ?

J-Y. M. : Si le réseau de métro est satisfaisant, je suis en accord avec le maire, Pierre-Christian Taittinger, sur la nécessité de création de lignes de bus de proximité ou micro-bus, internes au 16ème pour desservir certains quartiers. Sur le dossier du tramway, je suis convaincu que, par nature, il fera le tour de Paris un jour. Toute la question est de savoir quand. Nous donnons la priorité en fonction des demandes des élus locaux, comme c’est le cas en direction de la porte de la Chapelle. Avec les Jeux Olympiques, le projet du tramway aurait forcément avancé plus rapidement mais je continuerai à faire campagne pour le tramway dans le 16ème, et ce, malgré la vive résistance d’élus de droite qui n’ont toujours pas compris l’évolution de la relation ville-habitants et qui restent figés sur un mode de circulation propre aux années 70.

P16i : Lors du compte-rendu de mandat, Bertrand Delanoë et vous-même vous êtes exprimés sur l’avenir de la piscine Molitor. Pourriez-vous revenir sur le projet que pourrait avoir la Ville de Paris pour ce site ?

J-Y. M. : Le bâtiment est très délabré et comme vous le savez, la marge de manœuvre est très limitée dans la mesure où la piscine est partiellement classée. La Ville de Paris a mandaté le cabinet Ernst & Young qui a chiffré le coût global du projet que nous envisageons à 100 millions d’euros. Pour ces deux raisons, nous avons besoin de trouver un accord avec le Ministère de la Culture et de trouver des partenaires privés pour le financement de ce projet.

P16i : Après ce rapide tour d’horizon de quelques dossiers, je vous poserai une question plus politique : comment envisagez-vous l’avenir de la gauche dans le 16ème ?

J-Y. M. : Nous savons que c’est un arrondissement très majoritairement porté à droite. Cependant, en observant les résultats des élections précédentes, je suis plutôt confiant puisqu’aux municipales de 1995, lorsque je fus élu, nous avons obtenu 12%, et qu’aux dernières municipales de 2001 nous avons atteint les 20%. Ce qui compte pour moi, au-delà des chiffres, c’est que la population fonde son opinion sur la gestion municipale. Nous investissons et prenons autant de soin à gérer les arrondissements de l’ouest parisien que ceux de l’est, même si les problèmes sociaux et les attentes ne sont pas les mêmes.

 

Propos recueillis, mardi 20 décembre 2005, par Antoine Dufour pour Paris16info.

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23.11.2005

Bernard Debré, Député du 16ème Nord répond aux questions de Paris16info

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Ancien Ministre, Professeur de Médecine mondialement reconnu dans sa discipline, issu d’une des plus illustres familles de la Vème République, Bernard Debré, Député du 16ème nord depuis juin 2004, a rapidement et aimablement répondu à ma demande d’interview pour Paris16info. C’est en toute simplicité qu’il m’a reçu dans son bureau de l’Assemblée Nationale pour évoquer, sans détour ni langue de bois car il n’est pas « un professionnel de la politique », les circonstances de son élection dans le 16ème et sa volonté de poursuivre son engagement politique dans cet arrondissement et "pour Paris" aux municipales de 2008. 

 

Antoine Dufour : Vous avez été élu dans notre arrondissement dans des circonstances un peu particulières, souhaitez-vous y revenir ?

Bernard Debré : En mars 2003, Gilbert Gantier (UDF), m’a annoncé son désir de démissionner et m’a demandé de prendre sa relève. Habitant du 16ème où j’ai grandi, ancien élève de Janson de Sailly, aimant profondément cet arrondissement, j’ai accepté d’autant que j’ai reçu le soutien et les encouragements d’Alain Juppé, de Nicolas Sarkozy et même de Jacques Chirac à me présenter sous les couleurs de l’UMP. Aussi, un an après, quand Gilbert Gantier a effectivement démissionné de ses fonctions, provoquant une élection anticipée dans le 16ème nord, j’ai été surpris, comme l’ensemble de la classe politique, par l’investiture de Laurent Dominati. Je pense qu’en essayant d’imposer un de ses alliés au nord de l’arrondissement, Claude Goasguen posait la première pierre de sa candidature aux municipales 2008. Cette manœuvre, m’a obligé à me présenter sans étiquette, mais n’a pas entamé ma détermination.

AD : Mais alors vous alliez à la rencontre des électeurs sans le soutien d’un grand parti et sans l’appareil militant, cela ne vous décourageait-il pas ?

BD : Je me sentais bien plus légitime dans le 16ème que Laurent Dominati, car soutenu par le député sortant et par une grande partie de la population. D’ailleurs, gaulliste, je n’accorde que peu d’importance aux partis en eux-mêmes, seul comptent selon moi les hommes et leurs idées.

AD : Pourquoi vous être rallié au groupe UMP alors ?

BD : À l’Assemblée Nationale, je n’ai jamais cessé de soutenir l’action du gouvernement, c’est la raison pour laquelle j’ai rejoint le groupe UMP récemment, puisque l’UDF, où j’ai siégé pendant un an en tant qu’apparenté, semble faire le choix de l’opposition. Cela ne veut pas dire que je me censure, j’ai l’habitude de dire ce que je pense et je ne changerai pas. Par exemple, bien que je soutienne totalement le Ministre de l’Intérieur qui accomplit un travail remarquable je ne lui ai pas caché que je suis hostile à son projet de droit de vote aux étrangers.

AD : Vous avez évoqué les élections municipales parisiennes de 2008 pour lesquelles vous vous êtes porté candidat à la Mairie de Paris le premier. Depuis d’autres candidats se sont déclarés, notamment à l’UMP quatre sont encore en lice. Vous avez refusé de participer aux primaires. Vous serez donc en concurrence avec un candidat UMP pour ces élections. Qu’en pensez-vous ?

BD : Vous avez raison de dire que je me suis déclaré avant les autres mais surtout bien avant les primaires, j’ai décidé de me présenter aux municipales dans le 16ème Arrondissement, et pour Paris, derrière Pierre-Christian Taittinger, s’il se présente; sinon je conduirai la liste. Je présente une candidature de renouveau, en rupture par rapport au passé et par rapport aux autres candidats qui appartenaient tous à l’ancienne majorité municipale. Les primaires organisées par l’UMP me semblent très prématurées puisque deux élections majeures - présidentielle et législatives - auront lieu avant. Il sera bien temps après de déterminer le candidat de droite le mieux placé pour reconquérir la Mairie de Paris.

AD : Issu de la société civile, vous n’êtes pas un professionnel de la politique, cela est-il un obstacle ?

BD : Je ne suis pas un professionnel de la politique, au sens où je n’en vis pas. J’ai une profession passionnante que je peux continuer à exercer encore de nombreuses années. Mais j’ai tout de même une certaine expérience de la politique et je crois que mon appartenance à la « la société civile » est un atout essentiel pour ma candidature. Si j’ai décidé de m’engager pour Paris, c’est parce qu’un très grand nombre de parisiens, que je rencontre dans mes activités quotidiennes, me soutient, parce que j’incarne la nouveauté et une catégorie d’homme politique différente en contact avec les réalités. C’est avec eux que j’ai fondé l’association Pour Paris qui compte déjà plus de 2000 adhérents parmi lesquels des militants voire des responsables UMP, ce qui me fait dire que ma candidature rassemble une large majorité de parisiens.

AD : En somme, « au dessus des partis » vous êtes plus libre que vos adversaires ?

BD : Oui, libre dans mes paroles comme dans mes actes. Et je souhaite incarner le candidat du rassemblement de la droite et plus généralement de tous ceux qui veulent un changement de politique sur Paris.

AD : Pour conclure, abordons deux questions relatives au 16ème nord. Deux ans après l’adoption de loi sur la sécurité intérieure, pensez-vous qu’elle ait eu des effets satisfaisants sur la prostitution dans notre arrondissement.

BD : La prostitution est un commerce immoral, personne ne devrait gagner sa vie ainsi. C’est aussi un commerce autour duquel gravitent nombre d’activités délictueuses (drogue, racket, trafic d’êtres humains) en plus d’être très désagréable pour les riverains. Je constate que la loi n’est malheureusement pas appliquée. Pour moi, législateur, cela est absurde, pourquoi voter une loi et ne pas l’appliquer ensuite ? La police ne doit pas négocier mais appliquer la loi.

AD : Que vous inspirent les atermoiements du dossier de réhabilitation de l’aquarium du Trocadéro ?

BD : Il fallait une réfection totale de l’édifice pour la sécurité des visiteurs mais le dossier a été très mal géré tant par l’actuelle majorité municipale à la Mairie de Paris que par la précédente. C’est une excellente illustration de mon propos sur la nécessité d’un changement radical et non d’un retour en arrière.

 

Propos recueillis, mercredi 9 novembre, par Antoine Dufour pour Paris16info.

 

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